En sa qualité de directeur général de la Société d’Etat de Gestion des Abattoirs (SEGA), Dr NINGATA-DJITA Patrick a bien voulu répondre volontiers aux préoccupations des médias pour éclairer la lanterne des Centrafricaines et Centrafricains sur certains points d’ombre qui, souvent prêtent à confusion relatif au fonctionnement apaisé de ladite institution. A l’en croire, la SEGA est l’unique société de référence du traitement de la viande saine en Centrafrique. Nous vous proposons de suivre l’intégralité de son intervention.

1. Bonjour, Monsieur le Directeur Général, veuillez-vous présenter.

Bonjour, Mr le journaliste ; je me nomme Patrick NINGATA-DJITA, je suis Docteur Vétérinaire de formation avec comme spécialité un Master 2 en Santé Publique Vétérinaire, option Vétérinaire Officiel ; actuellement j’occupe les fonctions du Directeur Général de la Société d’Etat de Gestion des Abattoirs (SEGA).

2. Nul n’ignore des efforts que vous ne cessez de consentir à la tête de la SEGA, vu les difficultés de tout genre et les incompréhensions de certains compatriotes au sujet de vos réalisations ; dites-nous quels ont été les plans d’urgence que vous avez mis en place pour que la SEGA puisse faire en ce moment le succès sur le terrain, suite à la récente crise odieuse qu’a connu votre institution ?

Merci, monsieur le journaliste de l’opportunité que vous m’offrez pour parler de l’institution que j’ai la charge. La SEGA est une structure prestataire de service chargée de mettre à la disposition de la population de la viande saine pour leur consommation. La crise que traverse la SEGA ne date pas d’aujourd’hui mais plusieurs cycles la caractérisent. Concernant notre gestion depuis 2013, nous avons remarqué que la crise de 2013 a entraîné un dysfonctionnement total du circuit bétail-viande avec corollaire un manque crucial de la viande bovine mise à la disposition de la population. Pour illustrer cela, nous avons enregistré pour l’année 2013 que 21 000 abattages par an, alors que la demande était estimée à plus de 60 000 Têtes annuellement.

En 2014, la crise s’est accentuée où nous avons enregistré qu’environs 5 600 têtes de bovins abattus soit 9% des besoins de la population, cette période était caractérisée par une crise profonde du secteur, le bétail n’était acheminé que par les camions bétaillères, le convoyage à pieds du bétail des provinces pour la capitale devenait impossible à cause de la crise inter communautaire qu’a connu le pays. Pour l’année 2015, la situation s’est améliorée, nous avons enregistré au moins 16 000 abattages des bovins soit 27% des besoins des consommateurs de Bangui, cette situation est rendue possible avec la fréquentation de l’Abattoir de Bangui par nos frères de confession musulmane.

Pour l’année 2016, nos prévisions sont estimées à 34 600 abattages ; mais nous sommes déjà à plus de 100% des chiffres retenus. Cette situation s’explique par les mesures fortes prises par le Ministre de l’Elevage et de la Santé Animale, son Excellence Youssouffa YERIMA MANDJO, appuyée par le Ministre de la Sécurité Publique ; Jean Serge BOKASSA. Le Ministre de l’Elevage et de la santé animale après concertation avec tous les acteurs de la filière a transféré toutes les activités dans l’enceinte de la SEGA pour éviter les désagréments produits au niveau des quartiers traversés par le bétail surtout dans les environs du KM 5 et le problème de la santé publique que cette pratique produisait. En somme, les abattages journaliers avoisinent les statistiques réalisées avant la période de crise.

Enfin, nous pouvons dire que cette situation pourrait s’améliorer, si toute l’étendue du territoire nationale s’est retrouvé une véritable paix et surtout la cohésion sociale.

3. Vos impressions par rapport à la table ronde de Bruxelles. Etes-vous satisfait de la somme à hauteur de 1 300 Milliards de FCFA que les bailleurs de fonds ont octroyé à la RCA ?

Nous avons suivi avec beaucoup d’intérêt les résultats de table de ronde de Bruxelles, et c’est le lieu de féliciter nos autorités qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour que cette discussion aboutisse. Nous pensons que le moment est venu pour que tout Centrafricain et Centrafricaine puisse se remettre résolument au travail pour mobiliser les ressources nécessaires pour le développement de notre pays.

4. En dépit des efforts que vous avez consenti pour le rédécollage de la SEGA ; entre le coût de la crise et les avancées de la SEGA, quel est le bilan que vous pouvez dégager à titre illustratif, surtout en ce qui concerne l’année 2016 ?

Pour l’année 2016, des initiatives ont été prises, d’autres sont atteintes et certaines peinent à se réaliser. Nous avons monté un projet et soumis à l’approbation de la MINUSCA, ce projet a été validé et consiste à la réhabilitation et l’équipement sommaire de l’Abattoir de Bangui à hauteur de 30 000 0000 FCFA, pour que notre prestation s’améliore.

Un mini- bus a été acquis pour la desserte de carcasses sur les marchés mais des efforts restent à faire pour assainir ce segment d’activité.

Nous avons aussi privilégié le renforcement des capacités de nos agents surtout ceux de la comptabilité pour les travaux de fin d’exercice.

5. Vous avez travaillé depuis votre prise de fonction dans des conditions très difficiles.  Aujourd’hui notre pays vient d’être doté à nouveau à travers la table ronde de Bruxelles ; quel  plaidoyer que vous pourriez faire à l’endroit des nouvelles autorités, ainsi que d’autres partenaires aux fins d’aider la SEGA à véritablement retrouvé ses potentialités?

Les problèmes de la SEGA ont été identifiés et un projet bancable est monté dans ce sens et retenu pour les discussions de Bruxelles, nous attendons la faisabilité des choses. Nous pensons beaucoup plus à la réhabilitation et équipements de l’Abattoir de Bangui pour être au service des utilisateurs.

La viande bovine constitue la principale source des protéines de la population et elle doit être traitée dans des conditions saines.

Nous pensons aussi à l’amélioration des conditions de transport des carcasses sur les marchés afin d’éviter les contaminations secondaires de la viande.

Signalons que la statistique d’abattage 2016, après les mesures gouvernementales malgré les dernières crises est positive. A savoir 4656 =155 en Septembre, 2043=70 en octobre, 4794=159 en novembre.

Propos récuélli  par Juste-Soleil NGBANGA