L’écho ne cesse de se répandre au sujet du diamant Centrafricain qui aiguise l’appétit des uns et des autres. Nous entendant parler de diamant, certains compatriotes ont eu la chance de côtoyer sans pour autant le palper. Des photos et des dessins représentent cette pierre précieuse. Ces images sont parfois affichées sur les murs des bâtiments qui l’exploitent. Malheureusement, les revenus de cette manne naturelle ne profitent pas aux Centrafricains.

En effet, le diamant constitue l’une des richesses du sous-sol qui devraient contribuer au développement du pays.

Selon monsieur Sylvain MORO Dasylva directeur gérant du bureau d’achat de diamant et or, reconnu sous l’appellation de « MMD »  à Bangui, la précieuse qualité du diamant Centrafricain est très appréciée sur les marchés internationaux et les Centrafricains devraient s’en réjouir. Malheureusement, la triste réalité est que nonobstant cet atout, la RCA reste toujours loin de sortir  de la misère.

A en croire à monsieur Sylvain MORO Dasylva, le secteur diamantifère est prise en otage par des étrangers véreux venus clandestinement acheter le diamant à vil prix au lieu et place des bureaux d’achats légalement en charge de cette affaire. Aussi, les problèmes du retard lié dans le processus du PK par rapport au certificat d’exportation causent énormément un frein dans les affaires des bureaux d’achats de diamant.

Certes, une chose s’avère réelle, qu’une décision de fermeture des bureaux d’achats de diamant a été prise. Mais une situation préoccupante s’en est surgie du secteur continue de soulever des interrogations. Car, à l’issue de cette décision quel résultat obtenu ?

Aujourd’hui, le secteur est devenu extrêmement sinistre, et la fraude s’est installé à grande échelle. L’essentiel du circuit est contrôlé par des étrangers qui se sont installés dans des hôtels à Bangui et dans certaines zones de productions en grand nombre a décrié ce dernier.

D’après ces explications, avant la fermeture des bureaux d’achats et la question de l’embargo, l’Etat avait quelques moyens de contrôle sur la production de diamant. Mais depuis que le dénuement s’est installé, les artisans et certains ouvriers miniers se voient dans l’obligation de vendre cette pierre précieuse à un prix dérisoire à des commerçants étrangers tout aussi véreux que le diable en personne.

Ainsi la contrebande s’est amplifiée et il est de plus en plus difficile de contrôler le secteur. Quand on établit une comparaison entre les statistiques venues par les rares bureaux privilégiées et celles enregistrées par exemple à Anvers (Belgique), c’est vraiment le jour et la nuit a-t-il indiqué.

Rappelons que monsieur Georges Anicet DOLEGUELE, alors premier ministre avait dénoncé en son temps, cette fraude massive qui frappe le diamant Centrafricain, où plus de la majorité de la production passe sous le manteau.

Nous pouvons affirmer avec amertume, aussi comme le souligne Sylvain MORO Dasylva, sans le risque de nous tromper que même les pays voisins qui n’exploitent pas le diamant comme la RCA, ont ouvert à l’heure actuelle les bureaux d’achats de diamant qui opèrent en toute légalité.

Au demeurant, le diamant Centrafricain judicieusement aurait pu drainer une manne au trésor publique, par les différentes taxes qu’il aurait pu générer. Hélas, malgré la création de l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE) et aussi la levée partielle de l’embargo, le secteur du diamant demeure une préoccupation. La transparence dudit secteur est une véritable gangrène pour tous les gouvernants qui se succèdent à la direction de notre pays. On a parfois l’impression que ledit secteur échappe totalement à tous les gouvernements.

Car, souvent confiée à une oligarchie qui en fait un secteur tabou. C’est dommage, puisque c’est l’Etat qui en paie le lourd tribut. La mauvaise gestion de cette ressource naturelle du sous-sol s’ajoute dans le lot des grands maux qui minent le développement de la République Centrafricaine.

Soleil-Juste